Tuesday, March 26, 2013

Un bref et léger regard sur les implications spirituelles de la fondation de la nation haïtienne

PROCLAMATION À LA NATION - Jean-Jacques Dessalines [Copié en annexe]


Indigènes d'Hayti ! mon heureuse destinée me réservait à être un jour la sentinelle qui dût veiller à la garde de l'idole à laquelle vous sacrifiez ; j'ai veillé, combattu quelquefois seul, et si j'ai été assez heureux pour remettre en vos mains le dépôt sacré que vous m'avez confié, songez que c'est à vous maintenant à le conserver.

#idole à laquelle vous sacrifiez (C'est qui ça?)

#dépôt sacré que vous m'avez confié (C'est quoi ça?)

et si jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le génie qui veille à tes destins me dictera pour ton bonheur, tu mériterais le sort des peuples ingrats.

#le génie qui veille à tes destins (C'est qui ça?)


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COMMENTAIRES HISTORIQUES
(Stanley Jean-Mary. Un révolutionnaire ne saurait oublier Jean-Jacques Dessalines)
"Des historiens à la solde des classes dominantes minimiseront sa mort et certains ne comprennent pas jusqu'à date qu’il est mort parce qu’il souhaitait une société haïtienne équitable; qu’il est mort parce qu’il procédait à la vérification des titres de propriété; qu’il est mort parce que les grands généraux noirs et mulâtres accaparaient tous les biens vacants."

"La question de la vérification des titres de propriétés fut l’expression de la lutte de classe entre deux tendances au sein des artisans de l'indépendance. Dessalines sera tué dans le complot orchestré par les deux composantes des nouvelles classes dirigeantes noire et mulâtre. Cette classe qui avant la révolution avait un bien-être et désirait le consolider."


http://www.mhave.gouv.ht/index.php?option=com_content&view=article&id=61%3Adessalines-empereur&catid=35%3Ahistoire&Itemid=2
(Gérard M. Laurent. Six études sur J.J. Dessalines - site accédé en Mars 2003)
"Son autoritarisme et sa politique économique furent à l'origine directe de sa chute. Par son autoritarisme, il perdit l'appui des chefs de l'armée qu'il inquiétait ; par sa politique économique, il déçut les Noirs et mécontenta gravement les Métis."

"En outre, le maintien - dans un souci de rentabilité - de la grande propriété privée ou étatisée allait à l'encontre des espérances de la masse des Noirs qui, conformément aux promesses de l'Empereur, espéraient bénéficier d'une réforme agraire."

"Les Métis, dont la puissance foncière et les intérêts commerciaux étaient considérables, se sentirent directement menacés par une législation qui imposait la vérification des titres de propriété, la résiliation des baux passés sous l'administration coloniale et la confiscation des biens indûment occupés tandis que d'autres mesures limitaient la liberté commerciale en fixant le nombre des négociants autorisés à recevoir des cargaisons en consignation (Cf. Jean-Marcel CHAMPION, op. cit., p. 599)."


http://www.haiti-culture.com/Dessalines.html 
(Jean-Jacques Dessalines - site accédé en Mars 2003)
"La question de la terre, des cultures, du commerce extérieur se pose avec acuité. Les généraux du régime, également propriétaires, s’opposent à Dessalines lorsque ce dernier décide de procéder à la vérification générale des titres de propriétés. Complots et conspirations se succèdent, notamment dans le Sud, fief traditionnel des Mulâtres. La population paysanne, de son côté, vit les règlements de culture comme une sorte de servage organisé militairement. L’Ouest et le Sud du pays sont pratiquement en état de sécession.

Le 17 octobre 1806, Dessalines, qui s’était entre temps proclamé empereur sous le nom de Jacques 1er, est assassiné."


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QUESTIONS
"et si jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le [[génie qui veille à tes destins]] -->me dictera<-- pour ton bonheur, tu mériterais [[le sort des peuples ingrats.]]" (Extrait de la Proclamation à la Nation par le Général Jean-Jacques Dessalines, le 1er Janvier 1804)

N'est-ce pas une malédiction que nous lisons là?
Quel génie dictait à Dessalines ses lois? L'aveu est explicite.
Le génie dicte les lois pour le "bonheur" de la nation. Quand celle-ci se rebelle contre l’autorité de Dessalines à appliquer ces dites lois, elle le fait donc pour son malheur?
Pourquoi le peuple serait-il "ingrat" s'il n'avait pas une redevance envers ce génie?


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RÉFLEXIONS
Le Général Jean-Jacques Dessalines fut assassiné le 17 octobre 1806, suite à l'opposition qu'il connut à la vérification générale des titres de propriétés ainsi qu'au système qu'il mit en place pour travailler les plantations.

"il déçut les Noirs et mécontenta gravement les Métis." (Gérard M. Laurent. Six études sur J.J. Dessalines)

Si les choses sont bien noir sur blanc (sans jouer sur les mots), les conditions ont été réunies une fois Dessalines assassiné suite aux "murmures" concernant ses lois pour que cette malédiction frappe la nouvelle nation Haïtienne.


Pour une réalisation de cette envergure, à savoir repousser la puissance coloniale française de la partie ouest de l'île, je pense que ce texte fait juste mention de l'agent spirituel qui l'a guidé.


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2 Chroniques 7:13-14
13 Quand je fermerai le ciel et qu'il n'y aura point de pluie, quand j'ordonnerai aux sauterelles de consumer le pays, quand j'enverrai la peste parmi mon peuple; 14 si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, je l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.  

Actes 10:34-46
34 Alors Pierre, prenant la parole, dit: En vérité, je reconnais que Dieu n'a point égard à l'apparence des personnes; 35 Mais qu'en toute nation, celui qui le craint et qui s'adonne à la justice, lui est agréable. 36 Telle est la parole qu'Il a donnée aux enfants d'Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous.

Jérémie 16:19-21
19 Éternel! ma force, mon rempart, et mon refuge au jour de la détresse! les nations viendront à toi des bouts de la terre, et elles diront: Nos pères n'ont hérité que le mensonge, que des choses vaines, où il n'y a point de profit. 20 L'homme se fera-t-il lui-même des dieux, qui ne sont pas des dieux? 21 C'est pourquoi, voici, je leur ferai connaître cette fois, je leur ferai connaître ma force et ma puissance, et ils sauront que mon nom est l'Éternel.  

Jérémie 29:13 
Vous me chercherez, et vous me trouverez; car vous m'aurez recherché de tout votre cœur.  

Hébreux 11:6 
Or, il est impossible de lui être agréable sans la foi, car il faut que celui qui s'approche de Dieu, croie que Dieu est, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent

Actes 17:24-31
24 Le Dieu qui a fait le monde et toutes les choses qui y sont, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans les temples bâtis de mains d'hommes. 25 Il n'est point servi par les mains des hommes, comme s'il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses. 26 Et il a fait d'un seul sang toutes les races des hommes, pour habiter sur toute la face de la terre, ayant déterminé la durée précise et les bornes de leur habitation; 27 Pour chercher le Seigneur, pour voir si en le cherchant à tâtons, ils le trouveraient, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous. 28 Car en Lui nous avons la vie, le mouvement et l'être; comme l'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes: Car de Lui nous sommes aussi la race. 29 Étant donc de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, ou à de l'argent, ou à de la pierre taillée par l'art et l'industrie des hommes. 30 Mais Dieu, ayant laissé passer ces temps d'ignorance, annonce maintenant aux hommes, que tous, en tous lieux, se convertissent; 31 Parce qu'il a fixé un jour, où il doit juger le monde avec justice, par l'Homme qu'il a établi, ce dont il a donné à tous une preuve certaine, en le ressuscitant des morts

Marc 12:29-31
29 Jésus lui répondit: Le premier de tous les commandements c'est: Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. 30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. C'est là le premier commandement. 31 Et voici le second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a point d'autre commandement plus grand que ceux-ci.  

Jean 14:15-21
15 Si vous m'aimez, gardez mes commandements. 16 Et je prierai le Père, qui vous donnera un autre Consolateur, pour demeurer éternellement avec vous, 17 L'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure avec vous, et qu'il sera en vous. 18 Je ne vous laisserai point orphelins; je viens à vous. 19 Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus, mais vous me verrez; parce que je vis, et que vous vivrez. 20 En ce jour vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous. 21 Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui.  


VOIR AUSSI:

Jezi pou Ayiti
http://www.youtube.com/playlist?list=PLQKBVZh0-tlKjz23vxn0vJWPbCYUHEPrr

Cultures Modernes Et Nouvel Ordre Mondial
https://www.youtube.com/playlist?list=PL33620D64F17D7871


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ANNEXE

PROCLAMATION À LA NATION :

Le Général en chef [Jean Jacques Dessalines] au Peuple d'Hayti,

Citoyens,

Ce n'est pas assez d'avoir expulsé de votre pays les barbares qui l'ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux : il faut, par un dernier acte d'autorité nationale, assurer à jamais l'empire de la liberté dans le pays qui nous a vu naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendants ou mourir.

Indépendance ou la mort ... que ces mots sacrés nous rallient, et qu'ils soient le signal des combats et de notre réunion.

Citoyens, mes compatriotes, j'ai rassemblé dans ce jour solennel ces militaires courageux qui, à la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberté, ont prodigué leur sang pour la sauver ; ces généraux qui ont guidé vos efforts contre la tyrannie n'ont point encore assez fait pour votre bonheur ... le nom français lugubre encore nos contrées.

Tout y retrace le souvenir des cruautés de ce peuple barbare ; nos lois, nos mœurs, nos villes, tout encore porte l'empreinte française ; que dis-je ? il existe des Français dans notre Isle, et vous vous croyez libres et indépendants de cette République qui a combattu toutes les nations, il est vrai ; mais qui n'a jamais vaincu celles qui ont voulu être libres.

Eh quoi ! victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence, vaincus non par des armées françaises, mais par la piteuse éloquence des proclamations de leurs agents : quand nous lasserons-nous de respirer le même air qu'eux ? Qu'avons-nous de commun avec ce peuple bourreau ? Sa cruauté comparée à notre patiente modération, sa couleur à la nôtre, l'étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur, nous disent assez qu'ils ne sont pas nos frères, qu'ils ne le deviendront jamais, et que s'ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.

Citoyens indigènes, hommes, femmes, filles et enfants, portez vos regards sur toutes les parties de cette île : cherchez-y, vous, vos épouses ; vous, vos maris ; vous, vos frères ; vous, vos sœurs, que dis-je ? Cherchez-y vos enfants, vos enfants à la mamelle ? que sont-ils devenus...... Je frémis de le dire..... la proie de ces vautours. Au lieu de ces victimes intéressantes, votre œil consterné n'aperçoit que leurs assassins ; que les tigres dégouttant encore de leur sang, et dont l'affreuse présence vous reproche votre insensibilité et votre coupable lenteur à les venger. Qu'attendez-vous pour apaiser leurs mânes ; Songez que vous avez voulu que vos restes reposassent auprès de ceux de vos pères, quand vous avez chassé la tyrannie ; descendrez-vous dans leurs tombes sans les avoir vengés ? Non ,leurs ossements repousseraient les vôtres.

Et vous, hommes précieux, généraux intrépides, qui, insensibles à vos propres malheurs, avez ressuscité la liberté, en lui prodiguant tout votre sang ; sachez que vous n'avez rien fait, si vous ne donnez aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer un peuple fier d'avoir recouvré sa liberté et jaloux de la maintenir ; effrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la ravir encore ; commençons par les Français...... Qu'ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu'ils y ont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque né français souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté.

Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ! quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Esclaves ! ... laissons aux Français cette épithète qualificative ; ils ont vaincu pour cesser d'être libres.

Marchons sur d'autres traces, imitons ces peuples qui, portant leurs sollicitudes jusques sur l'avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l'exemple de la lâcheté, ont préféré être exterminés que rayés du nombre des peuples libres.

Gardons-nous, cependant, que l'esprit de prosélytisme ne détruise notre ouvrage ; laissons en paix respirer nos voisins, qu'ils vivent paisiblement sous l'égide des lois qu'ils se sont faites, et n'allons pas, boutes-feux révolutionnaires, nous érigeant en législateurs des Antilles, faire consister notre gloire à troubler le repos des Isles qui nous avoisinent ; elles n'ont point, comme celle que nous habitons, été arrosées du sang innocent de leurs habitants ; elles n'ont point de vengeance à exercer contre l'autorité qui les protège.

Heureuses de n'avoir jamais connu les idéaux qui nous ont détruits, elles ne peuvent que faire des vœux pour notre prospérité.

Paix à nos voisins ; mais anathème au nom français, haine éternelle à la France : voilà notre cri.

Indigènes d'Hayti ! mon heureuse destinée me réservait à être un jour la sentinelle qui dût veiller à la garde de l'idole à laquelle vous sacrifiez ; j'ai veillé, combattu quelquefois seul, et si j'ai été assez heureux pour remettre en vos mains le dépôt sacré que vous m'avez confié, songez que c'est à vous maintenant à le conserver. En combattant pour votre liberté, j'ai travaillé à mon propre bonheur. Avant de la consolider par des lois qui assurent votre libre individualité, vos chefs, que j'assemble ici, et moi-même, nous vous devons la dernière preuve de notre dévouement.

Généraux, et vous Chefs, réunis ici près de moi pour le bonheur de notre pays, le jour est arrivé, ce jour qui doit éterniser notre gloire, notre indépendance.

S'il pouvait exister parmi nous un cœur tiède, qu'il s'éloigne et tremble de prononcer le serment qui doit nous unir.

Jurons à l'univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination .

De combattre jusqu'au dernier soupir pour l'Indépendance de notre pays.

Et toi, peuple trop longtemps infortuné, témoin du serment que nous prononçons, souviens-toi que c'est sur ta constance et ton courage que j'ai compté quand je me suis lancé dans la carrière de la liberté pour y combattre le despotisme et la tyrannie contre lesquels tu luttais depuis 14 ans. Rappelle-toi que j'ai tout sacrifié pour voler à ta défense : parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberté ; que mon nom est devenu en horreur à tous les peuples qui veulent l'esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en maudissant le jour qui m'a vu naître ; et si jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le génie qui veille à tes destins me dictera pour ton bonheur, tu mériterais le sort des peuples ingrats.

Mais loin de moi cette affreuse idée ; tu seras le soutien de la liberté que tu chéris et l'appui du chef qui te commande.

Prête donc entre mes mains le serment de vivre libre et indépendant, et de préférer la mort à tout ce qui tendrait à te remettre sous le joug. Jure enfin de poursuivre à jamais les traîtres et les ennemis de ton indépendance.

FAIT au quartier général des Gonaïves, le premier Janvier, mil huit cent quatre, l'An premier de l'Indépendance.

Signé, J.J. DESSALINES


Source: http://www.haitilibre.com/article-2019-haiti-societe-nous-vous-souhaitons-une-bonne-fete-de-l-independance.html